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Conférence sur le projet Sanctuary : le disque dur de l’humanité sauvegardé sur la Lune

Vous êtes l’un des premiers habitants de la Lune. Qu’emporteriez-vous dans vos bagages pour vous souvenir de votre vie sur Terre ? C’est la question que se sont posée les chercheurs du projet Sanctuary. Un défi scientifique un peu fou que les centres industriels de l'Andra dans l'Aube vous proposent de découvrir le 7 octobre prochain, à l’occasion de la Fête de la science, au cinéma CGR de Troyes.

Transmettre la culture technique et scientifique est l’une des missions de ­l’Andra. Et c’est en ce sens qu’elle organise une conférence dédiée à « Sanctuary », un projet qui fait aussi écho à son programme de recherche sur la transmission de la mémoire des centres de stockage aux générations futures. Car Sanctuary se propose de sauvegarder la mémoire de l’humanité sur… la Lune ! « Dans le futur, la Lune pourrait abriter des bases habitées conçues à des fins d’exploration du système solaire. Certes, les premiers habitants de ces “spatioports lunaires” viendront de la Terre, mais s’il y a des naissances sur la Lune, ils seront sans doute contents d’avoir quelques données brutes de leur planète d’origine ! », explique Jean-Sébastien Steyer, paléontologue au CNRS et membre de l’équipe du projet.

Dix disques de saphir, un matériau ultrarésistant, ont ainsi été gravés de connaissances sur l’humanité pour être envoyés sur la Lune en 2022, dans le cadre d’une mission spatiale privée.

Comment communiquer avec des êtres du futur ?

Et quelles informations leur transmettre ? Une équipe pluridisciplinaire (astrophysicien, paléontologue, artiste, généticien…), dont Nathalie Besson, physicienne des particules au CEA, a planché sur ces questions. « Nous avons multiplié les séances de réflexion pendant deux ans. Et au fur et à mesure, on a fini par donner une cohérence au projet », confie-t-elle. Car la nature du contenant limitait les possibilités de l’équipe. « Sur ces disques, on a seulement des pixels noirs et blancs. Et il n’y a aucun encodage numérique », explique Emmanuel Pietriga, directeur de recherche à l’Inria. Ni vidéos ou bandes sonores donc mais des textes, photos et dessins… Il a fallu réfléchir aux façons les plus simples de transmettre les informations tout en restant précis scientifiquement. « Finalement nous avons créé des histoires pour présenter les données scientifiques d’une manière scénarisée », précise Jean-Sébastien Steyer.

Savoir humain compilé

Cinq disques contiennent le code génétique de la femme et de l’homme. Quatre embarquent des connaissances autour de grands thèmes : l’eau, la Terre, l’espace et la vie mais aussi les règles des échecs, des berceuses… « Nous avons eu aussi envie de dire que l’être humain ressent et s’attache à des choses qui ne sont pas forcément utiles », poursuit Nathalie Besson. Le dernier compile des ­selfies envoyés par des volontaires. Large de 9 cm de diamètre, chacun contient 2 milliards de pixels… De quoi laisser une nouvelle trace humaine 50 ans après le premier pas de l’Homme sur la Lune !

 

 

Alunissage en 2022

Né dans l’esprit du cosmologiste Jean-Philippe Uzan, directeur de recherche au CNRS, le projet Sanctuary a pu se concrétiser avec le concours du producteur et ingénieur Benoît Faiveley qui s’est rapproché de partenaires privés prévoyant une mission d’exploration spatiale. La sonde ALINA alunira en 2022 dans la région de Taurus Littrow à 300 000 km de la Terre, et y déposera les dix disques de Sanctuary.

Conférence "Sanctuary : la mémoire de l'humanité sur la Lune"

Le mercredi 7 octobre 2020 à 18h30 au cinéma CGR à Troyes

 

Réservation fortement conseillée auprès du service communication des centres industriels de l'Andra dans l'Aube au 03 25 92 33 04 (nombre de places limité du fait de la situation sanitaire actuelle)

 

Port du masque obligatoire

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