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Quand l'art urbain métamorphose un ouvrage de stockage

Le vendredi 8 juin, 25 étudiants aubois ont été invités au Centre de stockage de l'Aube pour réaliser un projet insolite : concevoir des œuvres de street art sur les murs extérieurs d'un ouvrage de stockage. Retour sur cette journée haute en couleurs.

Cela faisait plusieurs mois que ces jeunes aubois attendaient l’évènement. En avril dernier, c’est sur de simples panneaux publicitaires qu’ils s’entrainaient. Aujourd’hui, un mur imposant leur fait face. L’objectif de ces street artistes en herbe : le recouvrir de différentes œuvres qui, une fois achevées, finiront par former une fresque collective. Impressionnés, ces étudiants de l’Ecole supérieure de design (ESD), de l’Université de technologie de Troyes (UTT) et de l’EPF Ecole d’ingénieur-e-s -, ainsi que de jeunes créatifs de l'agence de communication troyenne Zetruc, n’ont pas le temps de gamberger ! « Cinq à six heures de travail pour réaliser un tel défi, c’est très ambitieux, mais j’ai confiance » nous confie Jean-Sébastien Godfrin alias Argadol, l’artiste qui encadre le projet.

 

Contacté par l’Andra il y a plusieurs mois, il s’est lancé dans cette aventure passionnante, non sans hésitation : « Ma première réaction a été exactement la même que celle des étudiants. Je me suis aperçu que j’avais une méconnaissance totale du sujet… Que je ne savais absolument pas ce qu’était un déchet radioactif. Or, j’ai vite réalisé que cette question nous concernait tous ! » Un enthousiasme débordant et une soif de savoir communicatifs… puisque, réticents au départ, les étudiants ont tous fini par adhérer au projet qui visait justement à les sensibiliser par le prisme de l’art.

Le Jour J

Réunis par groupes de trois ou quatre, ces jeunes, dont beaucoup ne se connaissaient pas quelques mois plus tôt, ont réussi leur pari : former une équipe et terminer leurs toutes premières œuvres de street art. A l’aide de collages, de pochoirs ou de simples pinceaux, ils ont métamorphosé deux pans de l’ouvrage de stockage. Les thèmes abordés ? Le nucléaire bien entendu, mais aussi la mémoire, le temps qui passe, la nature… pour former une fresque hétéroclite qui enlumine désormais la zone de stockage.

 

Le groupe local travaillant sur la mémoire du centre de l’Aube a également été séduit par le projet. Certains de ces membres étaient présents le 8 juin pour féliciter les étudiants. Pris par le jeu, ils ont également réalisé une œuvre en lien avec leurs travaux de transmission de la mémoire aux générations futures, qu’ils ont intitulée : « Mémoire d’un jour mais mémoire toujours ».

« Nous avons choisi de représenter des personnages liés à la radioactivité : Einstein symbolise le passé avec la découverte de la radioactivité, Homer Simpson le présent avec l’image que nous avons de la gestion des déchets radioactifs et enfin, nous avons peint Lisa, la fille d’Homer, qui représente le futur. Elle est l’espoir d’un monde meilleur. »

Marion de l’Université de technologie de Troyes (UTT)

« Au départ, nous nous sommes inspirés de la série des Simpson. C’est la première référence que nous avons de la radioactivité, car Homer Simpson travaille dans une centrale nucléaire. On a choisi de réaliser les donuts préférés d’Homer, mais sous la forme du symbole de l’uranium avec à l’intérieur Marie Curie en personnage « Simpson » car elle apparaît dans la série comme le croquis réalisé sur le mur ».

Salomé, de l’Ecole supérieure de design (ESD)

L'artiste Argadol
"Les horloges molles" de Dali comme source d'inspiration
Les atomes
Une citation de Marie Curie
Un peu d'humour !
groupe mémoire
Le groupe "mémoire" du centre de l'Aube et son oeuvre

Du street art aussi à la JPO

L’opération street art ne s’arrête pas là. Elle se poursuivra lors de la Journée portes ouvertes au CSA le 23 septembre prochain. Argadol a en effet accepté de faire partager sa passion au plus grand nombre en réalisant une fresque géante sur un ouvrage de stockage du CSA, en direct, à l’occasion de la JPO. Tous les visiteurs du jour auront ainsi la chance de voir l’artiste à l’œuvre, d’échanger avec lui sur les techniques et l’esprit du street art et, pourquoi pas, s’y essayer !

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