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Décryptages

Quand un captage d'eau crée la polémique

L’Andra peut-elle être à l’origine de la radioactivité relevée par l’Agence régionale de santé (ARS) dans un échantillon d’eau du captage de Sauvage-Magny en Haute-Marne en juillet 2018 ?  Pour Patrice Torres, directeur des opérations industrielles de l’Andra, la réponse est non.

Patrice Torres, directeur des opérations industrielles de l'Andra
©Olivier Douard

Pouvez-vous nous rappeler dans quel contexte les mesures de juillet 2018 ont été réalisées ?

Patrice Torres : Dans le cadre d’une procédure administrative et règlementaire autour du captage d’eau de Sauvage-Magny – sans aucun lien avec les activités de l’Andra –,  la commune de Ceffonds a fait réaliser par l’ARS des analyses sur la qualité de l’eau et plus particulièrement sur ses caractéristiques physico-chimiques et radiologiques. Les résultats de ces mesures ont mis en évidence la présence de radioactivité dans l’un des échantillons. Le laboratoire qui a fait les prélèvements et l’ARS ont confirmé cette valeur. Selon la loi, lorsqu’une mesure de radioactivité est découverte, il faut poursuivre les analyses pour vérifier les radioéléments en présence (naturels ou artificiels), et donc disposer d’échantillons en nombre suffisant, ce qui n’était pas le cas. De nouveaux prélèvements ont été réalisés et ils n’ont rien révélé d’anormal. Mais des questionnements et des inquiétudes ont logiquement émergé dans la population…

Les regards se sont immédiatement tournés vers l’Andra…

P. T. : Oui, pour les opposants à nos activités, cette radioactivité ne pouvait provenir que de nos sites. Ils ont communiqué en ce sens. J’estime que c’est normal et sain que l’on nous pose des questions. Il faut aussi avoir en tête que la radioactivité est présente naturellement dans l’environnement, et qu’il peut y avoir des variations  sans que cela puisse être imputable à une activité humaine.

Vous affirmez que l’Andra  ne peut pas être à l’origine de cette pollution. Quels sont vos arguments ?

P. T. : Il ne s’agit pas d’arguments, mais d’une démonstration scientifique ! D’abord, nous réalisons des mesures radiologiques sur l’eau autour et sur nos centres, à une fréquence très élevée. Or, nous n’avons jamais mis en évidence, autour de nos centres, de radioactivité ajoutée par nos activités. Si l’on ne mesure pas de radioactivité ajoutée dans la nappe et les ruisseaux à proximité de nos installations, il ne peut y en avoir 10 km plus loin de notre fait. Ensuite, les hydrogéologues ont démontré que le fonctionnement de nos installations ne pouvait pas avoir d’influence sur ce captage d’eau. L’écoulement général de la nappe située sous le centre reste relativement stable et de direction sud-est/nord-ouest. Le forage de Sauvage-Magny se situe au nord-est du CSA, à une distance de 5,2 km à vol d’oiseau. La position de ce forage est trop éloignée du CSA et des trajectoires hydrauliques des eaux du centre pour que les eaux du forage soient impactées via les eaux souterraines. Enfin, la surveillance effectuée sur et autour des centres et les analyses qui en sont faites par l’Andra font également l’objet de contrôles très réguliers de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), dont les conclusions sont publiques.

Comment réagissez-vous à ces accusations ?

P. T. : Nous avons l’habitude d’être confrontés à des personnes qui nous accusent de ne pas faire correctement notre métier. Ce genre de situation bénéficie aux opposants qui en profitent pour faire passer leurs idées auprès du grand public, en diffusant au passage, des informations erronées. Nous ne sommes pour rien dans la surveillance de ces captages, mais il nous appartient de répondre aux accusations par la preuve. Il faut regarder le bon côté des choses : ce genre de polémique nous donne l’occasion de faire connaître nos activités et nous pousse à faire œuvre de pédagogie pour les expliquer.

La commission locale d’information (Cli) de Soulaines va mettre en place une veille sanitaire. Que pensez-vous de cette initiative ?

P. T. : Il est extrêmement important que la Cli et les autres acteurs (associations, Agence régionale de santé, Santé publique France, Autorité de sûreté nucléaire, Andra) tiennent leur rôle et participent à l’acquisition de données fiables permettant de répondre aux légitimes questionnements. Si une parole externe, pour autant qu’elle soit scientifiquement valable peut apporter des éléments, c’est toujours positif. Enfin je voudrais rappeler qu’avant d’être des collaborateurs de l’Andra, nous sommes des femmes et des hommes, qui  vivons et travaillons sur ce territoire, et donc autant concernés par ce sujet que les riverains de nos centres.

 

Réunion publique de la Cli

Lors de la dernière réunion publique de la commission locale d'information de Soulaines, qui s'est tenue le 11 décembre, les interventions et explications apportées par l'Agence régionale de santé (ARS) et de l'hydrogéologue indépendant, Emmanuel Soncourt, ont clairement démontré que les activités des centres de l'Andra dans l'Aube ne pouvaient être à l'origine d'une présence faible d'activité alpha global dans certains captages d'eau du territoire.

Par ailleurs, l'ARS a rassuré le public sur la qualité de l'eau distribuée et a confirmé que les quelques dépassements de valeurs guides en alpha global observés sur certaines stations étaient dus uniquement à la présence de radioactivité naturelle.

Toutes ces explications et démonstrations ont confirmé et légitimé les réponses apportées par l’Andra dès l’apparition des premiers questionnements sur le sujet.

Lire le communiqué de presse de l'ARS du 10 décembre 2019

Diffusion de la culture scientifique et technique

Difficile à appréhender, le sujet de la gestion des déchets radioactifs nécessite un socle de connaissances important. Pour donner à tous la possibilité de mieux le comprendre, l’Agence ouvre au public les portes de ses sites. Conférences, animations, séminaires sont également organisés sur des thématiques qui vont parfois bien au-delà des activités de l’Andra. Objectif : susciter la curiosité et rendre accessible à tous, la culture scientifique au sens large.

« Les jeunes générations nous apportent une chose essentielle : un regard neuf sur nos métiers »

L’alternance, une voie d’excellence ? C’est la conviction de l’Andra. Depuis deux ans, l’Agence se mobilise pour favoriser l’accueil d’alternants au sein de tous ses services. Une démarche qui profite aux apprentis professionnels, comme à l’entreprise.

Déchets de démantèlement : recherche collective d’une solution proportionnée

Lorsqu’une installation nucléaire est définitivement mise à l’arrêt en France, elle est déconstruite pièce par pièce ces opérations génèrent la production de grandes quantités de déchets, certains conventionnels et d’autres radioactifs, qui doivent être pris en charge de façon spécifique.

En 2015, une trentaine d’installations nucléaires étaient arrêtées ou en cours de démantèlement en France. De vastes programmes de démantèlement vont également être élaborés dans les prochaines décennies en raison des nombreuses installations qui arriveront en fin de vie. Face à ces enjeux, l’Andra et l’ensemble des parties prenantes ont lancé une large réflexion afin de trouver une réponse collective et proportionnée aux volumes et à la dangerosité de ces déchets issus du démantèlement.

Remise des prix du concours photo "Capture ton patrimoine industriel"

Samedi 25 mai, les lauréats du concours photo "Capture ton patrimoine industriel" ont reçu leur prix, à l'espace Argence à Troyes, à l'occasion de la rencontre internationale d'arts plastiques pour la jeunesse "Graines d'artistes du monde entier", organisée par le Centre pour l'Unesco et parrainée par l'Andra.

Les sept lauréats de la 1ère édition du concours photo "Capture ton patrimoine industriel" avaient fait le déplacement à Troyes pour recevoir leur prix.

Ils avaient tous fait le déplacement, très heureux de faire partie des sept gagnants de la première édition du concours photo initié par l'Andra et le Centre pour l'Unesco Louis-François de Troyes. Et à les écouter, la thématique du concours les a autant motivés à participer que les prix en jeu (appareils photos, stage de photographie avec un professionnel et des bons pour des tirages photo).

Ce concours avait pour objectif de mettre en valeur le patrimoine industriel de la région Grand Est. Ouvert aux jeunes de 12 à 20 ans, le principe consistait à prendre une photographie, couleur ou noir et blanc, représentant ce patrimoine d'hier et d'aujourd'hui et à l'accompagner d'un court texte explicatif sur la raison de ce choix.

 

1er prix de la catégorie 12-15 ans : "Free Friche Défraichie"

Elio Balini : « Friche de France… Que de fronts en sueur, Que de frénésie, Que de fric, Que de frasques ! Friche défraichie, Frêle, Affre du temps… Et bientôt, quels fruits ? Quelle nouvelle fraîcheur ? »

2e prix de la catégorie 12-15 ans : "Malterie Industrie d'Antan"

Léa Morognier : « La Malterie est un bâtiment de 1883 dont l'architecte est restée moderne. Elle a traversé les siècles et reflète encore l'industrie céréalière d'antan, même si aujourd'hui, elle a été transformée en lieu d’habitation. C'est ce contraste qui m'a fait choisir ce bâtiment que je vois chaque jour depuis ma chambre. »

Prix de l'originalité de la catégorie 12-15 ans : "Un reflet du passé"

Eliott Coste-Bonnet : « J'ai pris cette photo de la bourse car c'est pour moi un bâtiment emblématique du patrimoine industriel du coeur de ville. De nos jours les industries sont en périphérie des villes, alors qu'au XIXe siècle elles étaient dans le paysage quotidien. »

1er prix de la catégorie 16-20 ans : "Souvenir du passé"

Valentin Petit : « Il s'agit d'une photo prise en couleur et mise en noir et blanc sur Cameraraw. J'ai voulu présenter une photo semblable à ce qui aurait pu être pris dans le temps, j'ai pour cela, en plus du noir et blanc, ajouté du grain. Cette usine est vraiment ce qui, pour moi, caractérise très bien l'industrie artisanale avec ses souffleurs de verre, taillage à la main, dépôt de platine ou encore dorure.»

2e prix de la catégorie 16-20 ans : "Machine pérenne, homme éphémère"

Gwénaëlle Poirot-Rozec : « Le but de cette photographie était de montrer le patrimoine d’hier et d’aujourd’hui, il y a donc question du temps. J’ai alors décidé d’utiliser le domaine du textile en faisant apparaître une machine à tricoter nette (dure dans le temps) entourée d’ouvriers qui eux sont éphémères (représentés explicitement en flou). »

Prix de l'originalité de la catégorie 16-20 : "Troyes, mon Amour"

Juliette Velut : « Troyes mon amour, Ville qui fut si glorieuse autrefois, Tu files entre mes doigts, Industrielle de tes Aubois. De rouille tu te façonnes, on t’abandonne, Sauvage comme un crocodile, Il ne faudrait pas que tu t’exiles. Mon Petit Bateau navigue encore sur les flots, J'ose et pose, devant tes usines qui s’affinent »

Prix Coup de cœur de la Maison de l'outil et de la pensée ouvrière : "La Mailleuse"

Maëva Suzanne : « Je vous présente le grand Métier gillet à 10 mailleuses qui mesure environs 2 mètres de large et possède 3432 aiguilles. Construite en 1853 à par M. François Gillet, voici l’une des machines industrielles utilisées pour concevoir de la maille à Troyes, à l'époque de ses activités industrielles. Exposée au musée du Vauluisant à Troyes, je trouve que cette machine est impressionnante de par sa taille et ces innombrables aiguilles, c’est pour cela que j’ai décidé de la photographier, car nous ne voyons pas toujours ce type de machine actuellement. C’est une pièce importante de notre patrimoine. »

« Ce que l'on photographie, c'est la mémoire de demain »

Dimitri Beck

Dimitri Beck, directeur de la photographie du magazine Polka, était président du jury de la première édition de ce concours photo. Il revient sur les objectifs de ce concours et ses premiers enseignements.

Quelles traces restera-t-il demain des centres de stockage de déchets radioactifs d’aujourd’hui ? Comment transmettre la mémoire des sites aux générations futures ? Autant de questions auxquelles l’Andra cherche à répondre dans le cadre de son programme Mémoire pour les générations futures, en y associant la communauté scientifique, les riverains de ses installations, les artistes…

Avec ce concours photo, ce sont les plus jeunes que l’Agence et le Centre pour l’Unesco Louis-François de Troyes souhaitaient sensibiliser. Les photographes en herbe, de 12 à 20 ans, ont ainsi été invités à immortaliser les vestiges industriels du Grand Est. Une façon de s’interroger sur la préservation et sur la transmission de la mémoire des lieux.

Dimitri Beck, directeur de la photographie du magazine Polka et président du jury du concours photo

Pourquoi photographier le patrimoine industriel ?

Photographier est une manière de parler ouvertement du présent pour le transmettre aux générations futures. Or, dans notre culture contemporaine qui est extrêmement visuelle, la photographie est devenue un outil puissant de transmission… Ce que l’on photographie aujourd’hui, c’est la mémoire de demain. C’est notre mémoire à tous. En demandant aux jeunes de regarder dans le rétroviseur vers ce patrimoine d’antan, de le mettre au goût du jour, nous les avons invités aussi à s’interroger sur ce qu’il est devenu aujourd’hui.

Quelles réflexions vous ont inspiré les photographies reçues dans le cadre du concours ?

Parmi les photographies que nous avons reçues, il y avait des friches, des sites industriels, mais aussi des lieux vivants, encore en activité. Tout ne se meurt pas, l’homme passe et les machines restent, elles font partie de ce patrimoine que l’on continue à utiliser, au fil des décennies et même des siècles. L’histoire continue… C’est aussi ça que les jeunes ont voulu nous montrer, ainsi que leur attachement à ce patrimoine. Finalement, leur regard sur ce passé nous renvoie à qui nous sommes aujourd’hui, mais aussi à ce qui fait l’existence de nos régions.

Inventaire national - édition 2015 : des données à partager

L'édition 2015 de l'Inventaire national détaille l’ensemble des stocks de matières et de déchets radioactifs présents sur le territoire français au 31 décembre 2013, ainsi que leurs évolutions à plus ou moins long terme. Une édition 2015 résolument tournée vers l’avenir, avec des prévisions toujours plus détaillées des producteurs, des focus pédagogiques et la mise à disposition des données pour tous à travers l’inventaire numérique.

«Déchets radioactifs : que léguerons-nous à nos enfants?»

Dans le cadre du débat public sur le Plan national pour la gestion des matières et des déchets, le 24 avril s’est tenu à Caen un café Philo.

Découvrez l’éclairage de l’Andra sur l’éthique.

Concours « Capture ton patrimoine industriel » : 7 photos primées

Le concours photo « Capture ton patrimoine industriel » organisé par l’Andra et le Centre pour l’Unesco Louis-François de Troyes a livré ses résultats. Le jury, présidé par Dimitri Beck, directeur photo de Polka Magazine, réuni mercredi 24 avril à Troyes à l’occasion de la semaine de l’industrie, a primé 7 photos.

Ce concours photo était l’occasion pour l’Andra et le Centre pour l’Unesco Louis-François de Troyes de proposer aux jeunes de s’intéresser au patrimoine industriel de la région Grand Est et sa transmission aux générations futures.

Il était ouvert aux jeunes de 12 à 20 ans. Le principe de ce concours était de prendre 1 photographie, couleurs ou noir et blanc représentant le patrimoine industriel, d’hier et d’aujourd’hui, en région Grand Est et de l’accompagner d’un court texte explicatif.

Le jury composé de photographes professionnels, de spécialistes du patrimoine, de membres du Centre pour l’Unesco de Troyes et de l’Andra a délibéré à la Maison de l’Outil et de la Pensée Ouvrière à Troyes. Au-delà de la technique, le jury a eu à cœur de valoriser les partis pris des participants et la cohérence entre leurs propositions avec l’aspect mémoriel, leurs notes d’intention et le sentiment exprimé à travers le cliché.

La remise des prix aura lieu le 25 mai prochain à l’Espace Argence à Troyes lors de la rencontre internationale d’arts plastiques pour la jeunesse « Graines d’artistes du monde entier », organisée par le Centre pour l’Unesco et dont l'Andra est partenaire. Toutes les photos reçues pour le concours seront exposées tout au long de cet événement qui se déroulera du 21 au 25 mai 2019.

Les lauréats

Dans la catégorie des 12 - 15 ans :

1er prix : Elio BALINI pour "Free Friche Défraîchie"

2e prix : Léo MOROGNIER pour "La malterie industrie d'antan"

3e prix : Eliott COSTE-BONNET pour "Un reflet du passé"

Dans la catégorie des 16 - 20 ans :

1er prix : Valentin PETIT pour "Souvenir du passé"

2e prix : Gwenaëlle POIROT-ROZEC pour "Machine pérenne homme éphémère"

3e prix : Juliette VELUT pour "Troyes mon amour"

Devant la qualité des photographies reçues, Christophe Cheutin, directeur de la Maison de l'Outil et de la Pensée Ouvrière et membre du jury a proposé de remettre le "Prix coup de cœur du musée". Ce prix est attribué à Maëva SUZANNE pour "La mailleuse".

lauréats concours photo
1er prix de la catégorie 12-15 ans
lauréats concours photo
2ème prix de la catégorie 12-15 ans
lauréats concours photo
Prix de l'originalité de la catégorie 12-15 ans
lauréats concours photo
1er prix de la catégorie 16-20 ans
lauréats concours photo
2ème prix de la catégorie 16-20 ans
lauréats concours photo
Prix de l'originalité de la catégorie 16-20 ans
Lauréats 2 concours photo
Prix "Coup de cœur de la Maison de l'Outil et de la Pensée Ouvrière"

Les membres du jury

Dimitri BECK, directeur de la photographie de Polka Magazine

Olivier DOUARD, photographe aubois

Eric GIRARDOT, photographe haut-marnais

Elisabeth ROBERT-DEHAULT, présidente de l’Association de Sauvegarde du Patrimoine Métallurgique

Jean-Louis HUMBERT, spécialiste pour la sauvegarde du patrimoine industriel

Christophe CHEUTIN, directeur de la Maison de l’Outil et de la Pensée Ouvrière

Roger DUCOUSSO, membre du groupe mémoire des centres des centres industriels de l’Andra dans l’Aube

Michel GIROST, président du Centre pour l’Unesco Louis-François de Troyes

Selma TOLBA, chef du service communication des centres industriels de l’Andra dans l’Aube

Le communiqué de presse