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Arnaud Morat, mécanicien dans l’âme

Faire de sa passion son métier est un privilège rare. Arnaud Morat, ingénieur mécanicien chargé d’affaires à l’Andra, en est bien conscient. Chez lui comme au travail, rien ne l’intéresse plus que de comprendre comment fonctionnent les machines.

Arnaud Morat, Ingénieur mécanique industriel

Son rêve d’adolescence ? L’archéologie. « En troisième, j’ai même suivi un an de cours de latin par correspondance pour me donner toutes les chances d’y arriver. » Ce rêve ne s’est pas concrétisé. Mais Arnaud avait une autre passion : la mécanique. « J’ai baigné dedans depuis l’enfance : mon grand-père passait ses week-ends à démonter les moteurs de ses voitures. » La transmission s’est faite naturellement entre l’aïeul et l’enfant, laissant une marque indélébile. Aujourd’hui encore, Arnaud bricole dans l’atelier aménagé au sous-sol de sa maison, où une vieille Dauphine attend l’heure de sa retraite pour être retapée. Après un DUT Génie mécanique et productique, il décroche un diplôme d’ingénieur industriel et mécanique à l’École nationale supérieure des arts et métiers de Châlons. « J’avais envie de concevoir des mécanismes, d’inventer des choses. J’ai toujours ce réflexe dans la vie courante : imaginer des systèmes qui simplifient les tâches. » Il n’est d’ailleurs pas passé loin du graal de l’inventeur : déposer un brevet. « J’avais conçu une machine, sans savoir que, quelque part, quelqu’un d’autre avait eu la même idée et l’avait déposée avant moi ! » se souvient-il avec amusement.

Ouverture d’esprit

Sa vie professionnelle lui permet de rester au contact de machines complexes. Durant dix ans, Arnaud travaille dans la filiale française d’une entreprise japonaise spécialisée dans la fabrication de machines d’impression et de façonnage d’emballages de haute qualité. « C’était un savoir-faire très pointu, nous travaillions sur des machines qui étaient des “Rolls-Royce” de l’impression. » Il y occupe différentes responsabilités dans la qualité, l’après-vente, la gestion d’atelier, puis en tant que chef de projet. « Cette dernière expérience m’a plu et comme un poste de chef de projet s’était libéré à l’Andra, j’ai postulé. » Il entre ainsi à l’Agence en 2009 pour y mener des programmes de rénovation au sein du Centre de stockage de l’Aube. Il y découvre des domaines comme l’hydraulique, le génie civil... Une ouverture qui lui plaît, tant il reste toujours avide d’apprendre.

« Il s’agissait d’inventer un système totalement nouveau, que nous avons breveté par la suite. Une réalisation monumentale et spectaculaire, tout ce que j’aime faire ! »

Arnaud Morat

Un terrain d’innovation

Arnaud pilote notamment des études sur des projets innovants pour le Cires(1), comme la conception des Premorails®, immenses toits-abris mobiles de près de 200 mètres de long, composés de plusieurs tronçons et montés sur rails, développés par l’Andra pour protéger les alvéoles de stockage. « Il s’agissait d’inventer un système totalement nouveau, que nous avons breveté par la suite. Une réalisation monumentale et spectaculaire, tout ce que j’aime faire ! » Aujourd’hui, Arnaud est responsable des études pour les colis dits « hors normes » : des pièces atypiques, plus grandes et lourdes que les déchets radioactifs habituels, qui nécessitent de prévoir des espaces de stockage spécifiques (par exemple, un couvercle de cuve de réacteur de 5 mètres de diamètre et de 100 tonnes environ). « Encore un nouveau sujet pour moi, et tout aussi intéressant ! » conclut-il. 

 

(1) Centre industriel de regroupement, d’entreposage et de stockage, où sont pris en charge les déchets radioactifs de très faible activité.