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Déchets radioactifs : halte aux idées reçues !

Radioactivité, nucléaire, déchets radioactifs : des sujets sur lesquels chacun a un avis, mais le vôtre n’est pas forcément celui de votre collègue ou de votre voisin… Pour remettre les pendules à l’heure (à défaut de mettre tout le monde d’accord) et savoir vraiment ce dont on parle, focus sur trois idées reçues.

Les déchets radioactifs proviennent uniquement des centrales nucléaires. (Hervé C., Nancy)

FAUX. Les centrales nucléaires qui fabriquent de l'électricité grâce aux propriétés de l’uranium, produisent bien des déchets radioactifs, notamment des combustibles usés, qui sont des déchets dits de « haute activité à vie longue » ainsi que des déchets liés à la maintenance des installations.

En France, plus de la moitié des déchets radioactifs, en volume, provient de l'industrie électronucléaire. Mais les centrales sont loin d'être les seules à utiliser la radioactivité. Saviez-vous que c'est aussi le cas dans :

  • l'armée (navires et sous-marins nucléaires)
  • la médecine et les hôpitaux (appareils de radiologie)
  • les laboratoires de recherche
  • les usines agroalimentaires (stérilisation des produits)
  • l'art (datation et conservation des oeuvres)
  • ...

Les déchets produits par ces activités sont en majorité peu radioactifs. Par exemple, les gants, les instruments et les blouses des médecins ou des chercheurs utilisés lors d'une intervention ou d'une manipulation impliquant de la radioactivité.

Les déchets sont radioactifs et vont le rester (Aurélie T., Strasbourg)

FAUX. La radioactivité diminue naturellement avec le temps et finit par disparaître totalement, mais il faut être plus ou moins patient !

La durée de rayonnement radioactif est différente selon les déchets. Certains sont à vie très courte (moins de 100 jours) ou courte (moins de 31 ans) :par exemple, ceux qui proviennent de la recherche médicale. Les déchets à vie longue (plus de 31 ans, jusqu’à des centaines de milliers d’années !)sont surtout produits par l’activité des centrales électronucléaires.

De façon générale, les déchets radioactifs sont classés en fonction de ce critère, mais aussi en fonction de leur degré de radioactivité (très faible / faible / moyenne / haute activité). En principe, plus ce dernier est élevé, plus la radioactivité met du temps à disparaître.

Mais comme l’exception confirme la règle, il existe aussi des déchets de faible activité à vie longue (comme d’anciens réveils aux aiguilles luminescentes ou d’anciens paratonnerres) !

 

Exemple d'anciens réveils radioactifs

Faire disparaître tous nos déchets, c'est possible ! (Irène H., Montigny-lès-Metz)

FAUX. La radioactivité des déchets diminue au fur et à mesure, mais ils ne peuvent pas disparaître comme par magie ! Jusqu’à ce que le temps et la nature fassent leur œuvre, il faut les isoler pour protéger à la fois l’homme et l’environnement.

Ils sont stockés de façon différente en fonction de leur degré de radioactivité et de sa durée.

Pour les déchets faiblement ou très faiblement radioactifs à vie courte, un stockage en surface dans du béton ou dans des cavités creusées à quelques mètres de profondeur dans l’argile est suffisant. C’est le cas aujourd’hui pour 90 % des déchets radioactifs, regroupés dans des centres spécialement conçus pour les conserver.

Pour ceux qui restent radioactifs pendant des milliers voire des centaines de milliers d’années (les déchets de moyenne activité à vie longue et ceux de haute activité), c’est une autre affaire.

En France, les 25 ans de recherches scientifiques qui ont été menées par l’Andra ont montré que le choix le plus adapté est un stockage à 500 mètres sous terre, dans une roche argileuse imperméable et protectrice. La mise en service du premier centre de ce type est un projet envisagé à l’horizon 2035 (projet Cigéo).

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