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Des scénarios prospectifs pour anticiper la gestion à long terme des matières et déchets radioactifs

Dans une logique d’anticipation, chaque édition de l’Inventaire national présente les résultats d’un travail prospectif sur la production à venir des matières et déchets radioactifs. Objectif : évaluer les impacts de différents scénarios de politiques énergétiques sur la quantité et la nature des matières et déchets radioactifs qui seront produits.

Réalisés à partir de différentes hypothèses d’évolution de la politique énergétique française, les scénarios prospectifs permettent d’anticiper la gestion à long terme des matières et déchets radioactifs, sans présager des décisions politiques à venir.

4 scénarios contrastés étudiés

En 2018, quatre scénarios(1) sont présentés dans l’Inventaire national : trois scénarios de poursuite de la production nucléaire (SR1, SR2, SR3) et un scénario d’arrêt de la production nucléaire (SNR – scénario de non-renouvellement). Les trois premiers scénarios intègrent différentes hypothèses concernant la durée de fonctionnement des réacteurs actuels et la technologie des réacteurs qui pourraient être déployés ensuite : EPR (European Pressurised Reactor) ou RNR (réacteur à neutrons rapides). Chaque scénario détaille la quantité et la nature des déchets radioactifs, mais aussi des matières radioactives requalifiées en déchets qui seraient produits. « Des évolutions des choix de politiques énergétiques modifieraient notamment le statut de certaines matières radioactives, qui pourraient être requalifiées en déchets dans certains scénarios : les combustibles usés, l’uranium de retraitement et l’uranium appauvri par exemple », explique Élodie Petry, responsable de l’Inventaire national à l’Andra.

 

Scénarios 1 et 2

Renouvellement du parc électronucléaire par des EPR puis des RNR

Dans ces scénarios, on considère que les réacteurs actuels (réacteurs à eau pressurisée, REP) ont une durée de vie comprise entre 50 et 60 ans (dans le scénario 1) et de 50 ans (dans le scénario 2), et sont relayés par des réacteurs de 3egénération (EPR), puis de 4e génération (RNR). Comme c’est le cas aujourd’hui, les matières issues du retraitement des combustibles usés produits par le parc actuel sont valorisées dans ce même parc ou dans un parc futur (le retraitement du combustible ayant pour objectif de récupérer les matières pour les réutiliser comme combustible pour les centrales nucléaires). Les matières ne sont donc pas considérées comme un déchet à terminaison, c’est-à-dire, à la fi n du démantèlement des installations nucléaires autorisées à fin 2016. Les matières issues du retraitement des combustibles MOX(2) et URE(3) usés seraient réutilisées dans les réacteurs à neutrons rapides (RNR).

 

Scénario 3

Renouvellement du parc électronucléaire par des EPR uniquement

Dans ce scénario, les réacteurs du parc actuel sont progressivement remplacés par des réacteurs EPR uniquement, après une durée de vie de 50 à 60 ans. Au terme de la durée de fonctionnement de ce nouveau parc, contrairement aux scénarios 1 et 2, certaines matières ne sont plus valorisables : MOX et URE à titre d’exemple. En effet, les matières issues du retraitement des combustibles MOX et URE seront recyclées dans les réacteurs RNR considérés dans les scénarios 1 et 2, mais pas dans les EPR. Elles peuvent alors être requalifiées en déchets radioactifs et faire l’objet d’un stockage.

 

Scénario 4

Non-renouvellement du parc électronucléaire

Ce scénario considère l’arrêt du nucléaire, après 40 ans d’exploitation des 58 réacteurs REP actuels et 60 ans pour l’EPR de Flamanville, actuellement en phase d’essais. Ce scénario suppose également un arrêt anticipé du retraitement des combustibles usés. Ici, les matières qui ne peuvent pas être valorisables (c’est-à-dire réutilisables, comme combustibles pour les centrales nucléaires) sont requalifiées en déchets.

 

 

(1) L’Inventaire ne prend en compte que les installations nucléaires ayant reçu un décret d’autorisation de création avant 2017 : soit les 58 réacteurs présents sur le territoire français et l’EPR de Flamanville. Les déchets qui seraient produits par un futur parc ne sont pas comptabilisés.
(2) Mélange d’oxyde d’uranium et d’oxyde de plutonium.
(3) Uranium de retraitement enrichi.

 

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