Diagnostic par imagerie : faibles doses et vies très courtes
Pour aider au diagnostic de nombreuses pathologies, la médecine nucléaire s’appuie sur l’imagerie scintigraphique. Si la tomodensitométrie (TDM), plus communément appelée « scanner », comme la radiographie reposent sur le même principe – placer de part et d’autre de la zone à explorer une source et un détecteur de rayons X, afin d’obtenir une image morphologique –, la scintigraphie recourt à des sources radioactives qui émettent directement depuis l’organisme.
Injecter des radionucléides
La scintigraphie consiste à administrer au patient, généralement par voie intraveineuse, un produit faiblement radioactif associé à une molécule vectrice ciblant un organe ou une lésion. L’ensemble constitue un médicament radiopharmaceutique. Une gamma-caméra suit la position du médicament dans le corps grâce au rayonnement gamma émis par un radionucléide, le plus souvent du technétium 99m, mais aussi de l’iode 123 pour explorer la thyroïde ou du thallium 201 pour les scintigraphies du myocarde.
L’association entre la tomographie par émission de positons et le scanner (TEP-scan) offre une imagerie plus performante. Le radiopharmaceutique le plus couramment utilisé en TEP est le « FDG » qui associe du fluor 18 à des molécules de glucose. « Les radionucléides, ou isotopes radioactifs, employés pour l’imagerie sont choisis précisément pour leur faible rayonnement et leur durée de vie très courte, de l’ordre de quelques heures, là où ceux utilisés en radiothérapie ont une période de quelques jours et doivent avoir une activité forte et très localisée », explique le Dr Serge Maia, radiopharmacien au CHRU de Tours.
Une gestion sur place
« Vu les durées de vie des radionucléides utilisés en médecine nucléaire, la totalité des déchets radioactifs médicaux, du matériel d’injection aux effluents des patients, est gérée au sein de l’établissement, en décroissance », souligne le Dr Serge Maia. Cette gestion repose sur le tri des déchets solides et liquides, leur entreposage différencié selon leur durée de vie, puis un contrôle avant élimination.
Du côté des cyclotrons
Le fluor 18, dont la période radioactive est de 110 minutes, doit être fabriqué dans un cyclotron à proximité des centres médicaux utilisateurs. Curium Pet France produit ainsi ces radiopharmaceutiques dans 12 sites répartis en France, ce qui engendre un petit volume de déchets de très faible activité (TFA), activés par le cyclotron et collectés par l’Andra : « Pour chaque site, nous sommes sur des volumes annuels de l’ordre d’une quinzaine de fûts de 30 litres pour les déchets liquides, et d’environ 50 kg de déchets solides conditionnés dans des fûts en plastique de 120 litres », détaille Christophe Doré, responsable de l’activité nucléaire chez Curium Pet France.