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Quelle gestion pour les déchets radioactifs ?

La plupart des déchets radioactifs ont l’apparence de déchets classiques. Ce peut être des outils, des vêtements, de la ferraille, du plastique… Alors quel est le problème, me direz-vous ? Et bien le fait qu’ils soient radioactifs et qu’ils ne peuvent donc pas être traités comme des déchets ménagers par exemple. Les déchets radioactifs doivent être pris en charge de manière spécifique. Mais alors qu’en faire ? Quelles solutions existe-t-il pour les isoler ? Les déchets radioactifs ont-ils tous le même niveau de dangerosité ? Autant de questions auxquelles on vous propose de répondre.

Identifier les caractéristiques du déchet

Cela peut paraitre évident ou pas, mais chaque déchet radioactif présente ses propres spécificités. D’abord de par son niveau de radioactivité, variable en fonction des radioéléments qu’il contient et de leur quantité. C’est à partir de cette caractéristique que sera évalué le degré de radioactivité du déchet (très faiblement, faiblement, moyennement ou hautement radioactif) ainsi que sa durée de rayonnement, appelée période radioactive ou demi-vie. On distingue alors les déchets radioactifs à vie courte (avec une période de moins de 31 ans) et les déchets à vie longue (plus de 31 ans). Il y a même des déchets à vie très courte (demi-vie inférieure à 100 jours). Les déchets sont ainsi classés en 6 catégories.

La classification des déchets radioactifs

90 % des déchets radioactifs ont déjà une solution de stockage définitive…

La France a fait le choix du stockage comme solution de gestion à long terme des déchets radioactifs. Mais impossible d’avoir un stockage unique. Il faut adapter la filière de gestion en fonction du niveau de dangerosité des déchets et de leur durée de vie. Ainsi les déchets très faiblement radioactifs ont une radioactivité quasiment équivalente à la radioactivité naturelle. Ils n’ont donc pas besoin de conditionnement spécifique, sauf pour faciliter leur transport jusqu’au Cires (Centre industriel de regroupement, d’entreposage et de stockage) dans l’Aube où ils sont stockés en surface. Les déchets de faible et moyenne activité à vie courte, eux, sont un peu plus dangereux et resteront radioactifs pendant environ 300 ans. Ils nécessitent donc un conditionnement en conséquence. Ils sont généralement bloqués dans du mortier dans des fûts métalliques ou des coques en béton. Ils sont ensuite stockés en surface dans l’Aube au CSA (Centre de stockage de l’Aube). Ces deux catégories de déchets constituent plus de 90 % des déchets radioactifs produits en France.

Répartition des volumes et niveaux de radioactivité des déchets produits en France (Source : Inventaire national 2018 sur la base des chiffres à fin 2016)

… et les 10 % restants ?

Reste le cas des déchets de faible activité à vie longue. A première vue, puisqu’ils sont faiblement radioactifs, on peut dire qu’ils ne sont pas très dangereux et qu’ils pourraient être stockés avec les précédents déchets. Et non, malheureusement ! Car ils restent radioactifs longtemps. Donc pour eux, une solution est à l’étude en faible profondeur. En attendant, ils sont entreposés de manière sûre là où ils sont produits.

Enfin, dernières catégories de déchets pour lesquelles la solution de stockage est actuellement à l’étude : les déchets de moyenne activité à vie longue et ceux de haute activité. Ceux-là cumulent la dangerosité et une longue durée de vie (plusieurs milliers voire centaines de milliers d’années). Pas question de les stocker en surface ! Ils devront être stockés à environ 500 m de profondeur dans un centre dédié (Cigéo). En attendant, ils font l’objet de conditionnements très spécifiques et sont entreposés sur leurs lieux de production, notamment à l’usine Orano à La Hague (Manche).

Vous n’avez pas parlé des déchets à vie très courte, me direz-vous ! C’est exact car ceux-là sont l’exception à la règle. Pas de stockage spécifique pour eux. Comme ils restent radioactifs très peu de temps, ils sont entreposés sur place, quelques jours ou quelques mois, le temps que leur radioactivité diminue suffisamment. Puis ils rejoignent une filière de gestion conventionnelle.

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