Aller au contenu principal

Réalité virtuelle, intelligence artificielle, drones… l’innovation au service de la gestion des déchets radioactifs

Depuis plus de trois ans, les salariés de l’Andra se mobilisent dans le cadre d’une démarche d’innovation, avec comme leitmotiv, intelligence collective, ouverture et co-construction. Focus sur 4 projets innovants.

Imaginer des projets pour optimiser la gestion des déchets radioactifs, en anticipant les évolutions réglementaires, sociétales, scientifiques ou technologiques, tel est l’un des objectifs de la démarche d’innovation de l’Andra. C’est dans ce cadre que de nombreux petits et grands projets ont vu le jour.  Zoom sur quatre d’entre eux : l’utilisation de drones pour surveiller l’état des ouvrages de stockage du Centre de stockage de l’Aube (CSA) ; le projet Jaugeauto pour suivre de manière réactive les variations de débit des cours d’eau dans le cadre de la surveillance de l’environnement ; E-SI, un dispositif qui pourrait à terme améliorer la surveillance des installations face au risque d’incendie; Enfin, des « formations 2.0 » à destination des producteurs de déchets radioactifs pour leur faire bénéficier efficacement de l’expertise de l’Andra sur la gestion et le stockage des déchets. 

 

Des drones dans le ciel du CSA

Au Centre de stockage de l’Aube (CSA), les déchets radioactifs sont stockés dans de grands cubes de béton armé, de 25 mètres de côté et de 8 mètres de hauteur. Ces ouvrages sont scellés et imperméabilisés grâce à une membrane constituée de résine de polyuréthane, qui permet d’éviter les infiltrations d’eau.

Pour s’assurer que la membrane reste efficace, son état et son comportement dans le temps sont vérifiés régulièrement. Jusqu’à présent, des techniciens montaient sur les édifices pour repérer d’éventuels défauts du revêtement (décollement, déchirement, fissure…). Ce qui représentait un risque pour le personnel qui devait travailler en hauteur.

Une équipe du CSA a alors pensé à utiliser des drones pour surveiller l’état des membranes. Ceux-ci effectuent des prises de vue sur les blocs de stockage, dans toutes les dimensions, et fournissent des photos en haute résolution des ouvrages. Les photos sont ensuite intégrées dans un logiciel de modélisation en 2D ou 3D, qui permet aux experts de l’Andra de décider si une intervention sur une membrane est nécessaire. En plus de renforcer la sécurité pour le personnel travaillant sur le site, cette innovation permet de réaliser des contrôles plus régulièrement, avec plus de précision.

 

Jaugeauto, solution intelligente pour mesurer le débit des cours d’eau

Le suivi des cours d’eau dans le cadre des activités de surveillance de l’environnement est essentiel, notamment pour les installations de l’Andra. Jusqu’à maintenant, la mesure du débit ne pouvait se faire qu’en faisant intervenir des techniciens directement sur le terrain. Ce procédé était parfois difficile à réaliser, en raison des risques liés aux conditions météorologiques (en cas de crues notamment), ou parce que des variations du débit peuvent survenir subitement.

Dans le cadre d’un appel à idées interne, une équipe de l’Andra a mis au point le projet Jaugeauto, un nouveau dispositif qui permet de réaliser ces mesures de manière automatisée. L’innovation de ce système réside dans l’usage de capteurs communicants : grâce à un traceur alimentaire fluorescent injecté dans les cours d’eau, les débits peuvent être mesurés à distance, sans qu’une intervention humaine ne soit nécessaire. Le dispositif intelligent peut déclencher seul un jaugeage en fonction des données déjà acquises et réguler la quantité de traceur en toute autonomie. 

Cela permettra notamment de limiter les risques d’accidents en cas d’intervention. Si Jaugeauto est destiné pour le moment à être utilisé au sein de l’Andra, il pourrait, à terme, être valorisé dans d’autres domaines d’activités.

 

E-SI : l’intelligence artificielle pour évaluer la charge calorifique en un coup d’œil

Sur ses installations, la réglementation impose à l’Andra de tenir à jour un inventaire de la charge calorifique des locaux, c’est-à-dire de la quantité de chaleur potentiellement dégagée en cas d’incendie. Celle-ci dépend de la nature et du nombre d’objets présents sur un site. L’inventaire permet d’identifier les lieux potentiellement les plus dangereux en cas de départ de feu.

Aujourd’hui, l’opération est réalisée manuellement : un employé inspecte chaque bâtiment et note les équipements présents. Un processus qui prend du temps et représente un coût important.

Grâce au projet d’innovation de l’Andra, un nouveau dispositif a été imaginé : E-SI. Cet outil, encore en développement, permettrait à terme de scanner tous les objets présents dans un local et d’évaluer leur charge calorifique. E-SI pourrait identifier informatiquement les objets et leur composition simplement à partir d’une photo. La charge calorifique serait ensuite déduite de ces données.

Depuis décembre, un prototype permet, à partir de deux photos, de voir quels objets ont été ajoutés ou retirés. Sa fiabilité reste à améliorer, mais, à terme, E-SI pourra identifier les objets avec précision. Cette technologie, qui fait appel à l’intelligence artificielle, sera aussi probablement transposable à d’autres usages, comme la surveillance de locaux à distance.

 

Des formations virtuelles et immersives

Depuis 2012, l’Andra propose un ensemble de formations professionnelles à l’attention des producteurs de déchets radioactifs. Celles-ci visent à expliquer et détailler les différents processus de prise en charge des déchets radioactifs. Un certain nombre de contraintes s’imposent en effet aux producteurs tels que EDF, Orano, ou le CEA afin que les colis de déchets soient stockés par l’Andra en toute sûreté. Ces formations leur permettent de bénéficier directement de l’expertise de l’Agence.

Récemment, le groupe de travail dédié « formations 2.0 » a proposé plusieurs pistes d’améliorations. Après avoir collecté les besoins des producteurs et en s’appuyant sur des entreprises spécialisées dans le domaine du numérique et de la pédagogie, l’Andra souhaite désormais transformer certaines formations en rendant plus immersifs les supports existants. Le cahier des charges vient d’être achevé et l’objectif est de pouvoir les proposer dans un format modernisé et dispensable sur les centres de l’Andra dans l’Aube ou directement chez les producteurs de déchets grâce à la réalité virtuelle, des modélisations, et des photos 360°. Ce format pourrait par exemple offrir des visualisations en 3D et durant toute la vie des ouvrages de stockage.

Au-delà d’améliorer l’expérience utilisateur, les formations immersives permettent d’apprendre mieux, plus vite, et de manière plus interactive.

Partager cette page